Politiques en matière de biocarburants

Dans le monde entier, les gouvernements ont élaboré des politiques en matière de biocarburant

Dans le monde entier, les gouvernements ont élaboré des politiques en matière de biocarburant, dans une tentative :

  1. d’accroître la sécurité énergétique
  2. d’accroître le développement rural
  3. de réduire les émissions de CO2

Les pays qui affichent les plus fortes ambitions en matière de biocarburant sont les Etats-Unis, le Brésil et l’Union européenne. Ils sont suivis du Japon, de la Chine et de nombreux autres pays. La plupart des gouvernements africains se sont abstenus jusqu’ici d’appliquer des politiques ambitieuses en matière de biocarburants, bien qu’ils prêtent de plus en plus attention à cette opportunité.

Les Etats-Unis sont déjà les plus gros producteurs de biocarburants au monde. Le marché automobile américain est dominé par les automobiles à essence, ce qui fait que la politique se concentre principalement sur l’éthanol. Les Etats-Unis ont fixé la cible de production à 132,6 milliards de litres d’éthanol en 2017, produits essentiellement à partir de maïs cultivé localement.

Les importations devraient rester limitées, malgré les traités commerciaux établis avec le Brésil pour l’importation d’éthanol de canne à sucre. Le Brésil était le plus gros producteur et consommateur de biocarburants au monde, avant que les Etats-Unis ne lui ravissent la place. Il n’en demeure pas moins qu’il produit environ 21 milliards de litres d’éthanol par an, dont plus de 90 % servent à la consommation locale. La production d’éthanol de canne à sucre a été stimulée par diverses politiques depuis les années 1970.

La politique actuelle fixe une cible obligatoire de 20 % de biocarburant. Cette cible est facile à atteindre, puisque l’éthanol représente 48 % de la consommation de carburant destiné aux transports. Avec la flambée actuelle des prix du pétrole, l’éthanol de canne à sucre du Brésil est moins cher que l’essence ordinaire. De nombreux brésiliens conduisent des voitures flexfuel (i.e. à carburants substituables), qui leur permettent de passer de l’essence à l’éthanol en fonction du prix et de la disponibilité.

L’Union européenne a fixé des cibles ambitieuses de bioénergie : 10 % de ses combustibles destinés aux transports doivent être dérivés de la biomasse à partir de 2020. C’est particulièrement ambitieux parce que la réalisation actuelle de l’UE ne dépasse pas quelques pourcentages jusqu’ici. L’hypothèse que 10 % de la consommation européenne pour les transports doivent être fournis par les biocarburants en 2020 nécessitera une production de biocarburants de 22,9 milliards de litres de biodiésel et 29,2 milliards de litres d’éthanol. La Chine également est en train de promouvoir les biocarburants. Sa cible pour la production domestique pour 2020 se situe entre 6 milliards et 16 milliards de litres d’éthanol et 12 milliards de litres de biodiésel.

La production nationale d’éthanol, principalement à partir de sorgho sucré et de manioc, est jugée suffisante jusqu’en 2020. Pour le biodiésel, il est prévu un déficit de 7 milliards de litres de la production nationale en 2020. Il faudra importer ce biodiésel, le plus probablement sous forme d’huile végétale. L’Agence internationale de l’énergie prévoit une demande intérieure de biocarburants africains d’environ 3,5 Mtep en 2030 (c’est-à-dire, environ 2 milliards de litres).

Peu de pays africains ont des politiques en matière de biocarburants. Le Malawi est le seul pays, avec le Brésil, à avoir continuellement mélangé l’éthanol sur une base nationale pendant plus de vingt ans. L’Afrique du Sud qui est l’économie la plus développée en Afrique subsaharienne et le Nigeria sont aussi en train de stimuler les biocarburants. La plupart des pays sont encore en train d’étudier les opportunités que présentent les biocarburants.

La Figure 5 montre la part de marché prévue de la consommation de biocarburants en 2030, en posant l’hypothèse d’une politique de biocarburants limitée. C’est une prévision de l’AIE qui s’écarte des cibles officielles définies par divers pays.

Part prévue de la consommation mondiale de biocarburants

Figure 5 : Part prévue de la consommation mondiale de biocarburants en 2030 pour les principaux marchés de consommation (Source : AIE, 2006)

Source: Les biocarburants en Afrique, Une évaluation des risques et avantages pour les zones humides d’Afrique, Commandée par Wetlands International

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